Un effectif de rêve, des premiers matches remportés aisément et un leader charismatique en la personne de Didier Drogba: la Côte d'Ivoire possédait tous les ingrédients pour remporter une deuxième CAN après celle de 1992 mais aura finalement gâché cette occasion.
Un casting en or pour un flop monumental
Chelsea (Drogba, Kalou), FC Barcelone (Yaya Touré), Arsenal (Kolo Touré, Eboué), FC Séville (Arouna Koné), Lyon (Keita), Stuttgart (Boka) ou Benfica (Zoro): la liste des clubs représentés dans le groupe des 23 Ivoiriens était à elle seule une promesse de spectacle et surtout de réussite. Mais la Côte d'Ivoire de Gérard Gili a peut-être oublié l'essentiel: faire de sa cohorte de vedettes une véritable équipe. Le talent individuel des stars ivoiriennes avait suffi pour faire plier le Bénin (4-1) ou la Guinée, assommée en quart de finale avec quatre buts inscrits dans le dernier quart d'heure (5-0), mais face au roc égyptien, vainqueur 4-1 en demi-finale, il fallait opposer une cohésion et un fonds de jeu qui leur ont cruellement fait défaut. Le gâchis est énorme, à la mesure de l'attente suscitée par cette distribution prestigieuse et du potentiel d'une formation qui avait échoué in extremis en 2006 dans la quête du titre africain, avant de sortir la tête haute au 1er tour du Mondial.
Un premier tour en trompe-l'oeil
Dans le groupe B, le plus périlleux avec le Mali et le Nigeria comme concurrents sérieux, la Côte d'Ivoire a rempli son contrat avec trois succès en autant de matches et une avalanche de buts inscrits (8 avant les demi-finales, un seul encaissé). Ces débuts aisés et un billet pour les demi-finales obtenu sans forcer contre la Guinée ont aveuglé les Eléphants, trop sûrs de leur force. "On n'a pas sous-estimé l'Egypte. Cette victoire on la voulait vraiment", a objecté le défenseur Arthur Boka après la claque reçue contre les Pharaons. "Mais c'est le plus fort au niveau mental qui a gagné", a-t-il reconnu.
Drogba a pourtant tout tenté
Le joueur de Chelsea avait tout fait pour ne pas manquer le rendez-vous de la CAN avec son équipe nationale, avançant la date de son opération à un genou, au grand désarroi des dirigeants londoniens. L'élimination en demi-finale, deux ans après un échec aux tirs au but en finale, est loin d'être à la hauteur de son investissement personnel. Avec trois buts au compteur, son bilan n'est pas exceptionnel mais son apport a comme d'habitude largement dépassé les contours du terrain. Contre l'Egypte, le capitaine des Eléphants n'a cessé de haranguer et de motiver les siens, sans recevoir l'écho qu'il espérait de la part de ses coéquipiers, qui ont sombré pratiquement sans résistance à la première contrariété. Son prochain grand défi avec la Côte d'Ivoire aura peut-être lieu cet été à Pékin lors des jeux Olympiques pour lesquels il s'est déjà déclaré disponible.
Quel avenir pour les Eléphants?
La première qualification décrochée par les Espoirs ivoiriens pour les JO démontre que le réservoir du pays est immense. Gérard Gili ou son éventuel successeur devront sans doute puiser dans ce vivier pour régénérer la sélection. A bientôt 30 ans (il les fêtera le 11 mars), Drogba n'est pas près de lâcher son équipe nationale, surtout à deux ans de la première Coupe du monde organisée sur le continent africain (en Afrique du Sud). D'autres jeunes joueurs devraient également prendre de plus en plus d'importance au fil des années, comme Salomon Kalou, 22 ans et auteur de 3 buts au Ghana, le milieu du Barça Yaya Touré, 24 ans, ou le défenseur d'Arsenal Emmanuel Eboué, 24 ans.